Lire les NOTAM pour éviter de croiser un avion

Pour préparer ses missions, il faut bien évidemment identifier les contraintes pérennes : présence d’une agglomération, proximité d’un aéroport, existence d’une zone à statut particulier (zone P, R ou D), etc. Mais il ne faut pas oublier les NOTAM.

Qu’est-ce qu’un NOTAM ?

Les NOTAM permettent d’informer les usagers de l’espace aérien des restrictions et autres modifications temporaires de l’espace aérien. Ils se présentent sous la forme d’un texte court, dont le format peut être assez déroutant au premier abord. Pas de panique, on vous aide à les décrypter un peu plus bas dans cet article.

Les NOTAM peuvent également concerner des modifications d’installation au sol, la présence d’obstacles à proximité d’un aéroport ou donner des informations uniquement utiles pour les aéronefs habités qui volent aux instruments. À ce titre, ils ne sont pas systématiquement pertinents pour les vols de drones.

Quelles différences avec les SUP AIP ? Les SUP AIP quant à eux donnent des informations plus détaillées que les NOTAM. Ils contiennent parfois des cartes, permettant de mieux cerner l’espace concerné par l’alerte. En consultant les NOTAM, vous serez informés de la publication des SUP AIP.

Dois-je vraiment les lire ?

Les télépilotes doivent obligatoirement prendre connaissance des NOTAM avant leurs vols. Un manque d’information pourrait vite tourner à la catastrophe quand on sait que les NOTAMs donnent les informations à propos des zones d’entraînement militaire (avions de chasse à très basse altitude, tirs…), des horaires d’activation des CTR, des parachutages, des créations de zones réglementées, dangereuses ou interdites, des activités d’aéromodélisme, etc.

Voici quelques exemples de situations problématiques :

  • Un avion de chasse qui passe sous le drone.
  • La gendarmerie, appelée par un gestionnaire de zone, réalise un contrôle. En effet un NOTAM important signalait une activité d’entrainements militaires dans la zone et le télépilote n’était pas au courant.
  • Arrivé sur place un télépilote n’a pas pu faire son vol car une activité d’aéromodélisme était en cours dans la zone.
  • Comme prévu, un télépilote appelle le chef de tour avant son vol. Mais celui-ci ne peut le laisser décoller car un parachutage est prévu dans la zone entre 13h et 17h. Un NOTAM a été publié mais, n’ayant pas vérifié, le télépilote s’est déplacé inutilement.
  • Petite anecdote : nous avons eu une fois un militaire au téléphone qui nous a dit que les troupes tiraient à vue sur les drones non déclarés dans leur zone d’entraînement…

Il n’y a pas encore eu de réel accident grave mais mieux vaut prévenir que guérir. N’attendons pas la catastrophe et restons attentifs. À tout moment, des restrictions d’usage de l’espace aérien peuvent être publiées. Il est donc indispensable de prendre connaissance de ces informations avant de débuter votre mission drone. Bon… Il y a aussi quelques avantages à lire les NOTAM car ils peuvent aussi nous réserver de bonnes surprises en nous annonçant la fermeture d’aérodromes ou autres zones aériennes ! 😉

Idéalement, vous vérifierez les NOTAM lors de la préparation initiale de la mission, mais également juste avant votre vol, car de nouveaux NOTAM sont publiés tous les jours. De plus, même si la DGAC fait son possible pour émettre les NOTAM le plus tôt possible, il n’existe en théorie pas de préavis minimal entre la publication d’un NOTAM et son applicabilité.

 

Où trouver les NOTAM ?

Sofia Briefing est le site officiel pour consulter les NOTAM. Il remplace les deux anciens sites : Olivia et Notam Web.

Recherche sur Sofia Briefing

Sofia Briefing est accessible sans création de compte. Pour trouver les NOTAM correspondants à votre mission (zone et dates), cliquez sur le bouton « préparation » de la page d’accueil. Un menu apparaît, repérez la section NOTAM et cliquez sur « Autres options ». Cliquez ensuite sur « Zone (PIB Area) » puis sélectionnez « Cylindre ». Un nouveau formulaire s’affiche. Vous n’avez plus qu’à le remplir en fonction de votre vol de drone pour obtenir la liste des NOTAM impactants.

Les informations générales

Vous devez tout d’abord remplir la date et l’heure du début de la période qui vous intéresse. Attention, l’heure est au format UTC, n’oubliez pas de retirer une heure en hiver et deux heures en été par rapport à l’heure de votre montre. La durée permet d’indiquer la plage qui vous intéresse à partir de la date et l’heure de début. La durée maximale est de 23h et 59 minutes (1 journée), donc si la date de votre mission n’est pas encore très précise il faudra vous y prendre à plusieurs fois.

Vient ensuite le niveau de vol (FL). Les niveaux de vols sont exprimés en centaines de pieds : 150 mètres correspondent environ à 500 pieds, qui est le niveau de vol (FL) 5. Vous pouvez donc filtrer sur les niveaux de vol 0 à 5 pour vos missions habituelles. Sachant que 400 pieds équivaut à peu près à 120m. Mais rien ne vous empêche d’indiquer une valeur plus élevée pour être conscient de ce qui se passera au-dessus de vous.

Le champ « Règles de vol » permet de filtrer les NOTAM pour ne garder que ceux qui s’appliquent aux vols aux instruments (IFR) ou aux vols à vue (VFR). Nous vous conseillons de sélectionner IFR/VFR pour être sûr de ne rien rater d’important.

 

La zone de vol

Vous devez ensuite préciser la zone de votre mission. Vous l’indiquerez par un point (le point tournant soit le centre de la zone de vol) et un rayon (largeur de couloir soit la zone de vol).

Le format demandé pour entrer les coordonnées (latitude et longitude) de la zone est un peu particulier. Il s’agit bien de coordonnées géographiques, mais au format DDMM[N/S] pour la latitude :

  • DD correspond aux degrés de latitude sur deux chiffres.
  • MM correspond aux minutes de latitude sur deux chiffres.
  • [N/S] signifie que vous devez indiquer qu’il s’agit d’une latitude (hémisphère) Nord (N) ou Sud (S).

et DDDMM[W/E] pour la longitude, où :

  • DDD correspond aux degrés de longitude sur trois chiffres.
  • MM correspond aux minutes de longitude sur deux chiffres.
  • [W/E] signifie que vous devez indiquer qu’il s’agit d’une longitude (par rapport au méridien de Greenwich) Ouest (W) ou Est (E).

Par exemple, pour une mission située aux coordonnées 50°37’01.4″N 2°38’50.6″E vous entrerez 5037N et 00238E.

Enfin, le rayon, ou largeur de couloir, doit être indiqué en miles nautiques (NM). 1 mile nautique correspondant à un peu plus de 1,8 km, cette valeur devrait être suffisante dans la plupart des situations.

 

Comment lire un NOTAM ?

Vous avez suivi nos conseils ci-dessus et vous obtenez une liste de NOTAM (tous plus ou moins compréhensibles 😉). Il existe un guide officiel qui vous permettra de devenir un expert dans l’art de les déchiffrer, en plus de nos explications ci-dessous.

Voici un exemple de NOTAM brut

LFFA-E1991/19
Q) LFFF/QACAH/IV/NBO/AE/000/020/5038N00236E011
A) LFQT MERVILLE CALONNE
B) 2019 Jun 14 11:48 C) 2019 Sep 14 23:59
E) HORAIRES ACTIVATION CTR MERVILLE :
LUN-VEN : 0630-1830
EXC LE 15 AOUT : NON ACTIVEE
EN DEHORS DE CES HORAIRES, CTR DECLASSEE EN G ET CTL AD NON ASSURE.
F)
G)

Et voici le détail des points les plus importants :

  • LFFA est l’émetteur du NOTAM, en l’occurrence la France.
  • E1991 est son numéro, à noter si vous souhaitez le retrouver facilement plus tard.
  • Sur la ligne Q, vous trouverez des informations sur le type de NOTAM, son objet, les types de vols qu’il concerne (IV signifie vols IFR et VFR), mais également les niveaux de vol concernés (ici du sol, le niveau 0, à 2.000 pieds, indiqué par 020), ainsi que les coordonnées du point central et le rayon de la zone en miles nautiques (ici 11 NM, indiqué par 011 en fin de ligne). Vous trouverez plus de détails sur les codes utilisés dans le guide cité ci-dessus.
  • La ligne A est un indicateur d’emplacement. Ici on sait par exemple qu’il s’agit d’une zone à proximité de l’aérodrome de Merville-Calonne (code LFQT).
  • La ligne B précise la plage de dates de validité. Ici elle commence au 14 juin 2019 à 11h48 et finit au 14 septembre 2019 à 23h59.
  • La ligne E indique le contenu du message proprement dit. Les abréviations y sont fréquentes, mais en règle générale normalisées. Pour vous y retrouver il existe une liste des abréviations utilisées dans les informations aéronautiques. Nous pourrions traduire le message de cet exemple par : « La zone de contrôle (CTR) Merville est active du lundi au vendredi, de 6h30 à 18h30 (UTC), sauf le 15 août où elle sera inactive. En-dehors de ces horaires, la CTR est réputée ne pas exister (déclassée en G), et le contrôle aérien sur l’aérodrome n’est pas assuré.
  • Les lignes F et G peuvent reprendre ou préciser les limites verticales (plancher et plafond). Ici elles sont vides car l’information donnée ligne Q est jugée suffisante : 000 et 020 signifiant du niveau de vol 0 (le sol) au niveau de vol 20 (2.000 pieds).


Il n’y a pas plus simple ?

Si ! Clearance classe tous les nouveaux NOTAM selon leur pertinence par rapport à vos vols de drones. Tous les jours, dès leur publication par la DGAC, nous classons manuellement les nouveaux NOTAM en trois catégories : importants, intéressants, non pertinents.

Par exemple, nous rangeons ceux concernant les pompes à essence ou les hangars des aérodromes dans la catégorie « non pertinent ».

En planifiant une mission dans votre compte Clearance, vous aurez immédiatement accès à cette classification des NOTAM. Les NOTAM sont mis à jour en continu. Vous pouvez donc les consulter jusqu’au moment du décollage. Les informations sont mises en forme afin d’être immédiatement lisibles, notamment la plage de dates et la plage de hauteur.

Lire les NOTAM pour un vol de drone sur Clearance

Lire un NOTAM pour un vol de drone

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2 réponses
  1. PIMENTA Francois
    PIMENTA Francois dit :

    Bonjour, Très intéressé par votre site Clearance, j’ai parcouru entre autres les explications sur la lecture des NOTAMs. J’ai une question à ce propos : vous mentionnez à plusieurs reprises entre autres dans les paramètres du choix ‘Route étroite » que 005 = 500 pieds. Plus tard, dans les explications concernant la lecture des éléments, vous mentionnez que 020 = 20 000 pieds. Or, si j’essaie de suivre la logique, je trouve que si 005=500, alors 020=2 000 et non 20 000. Pourriez-vous m’éclairer svp ? Bien cordialement.

    Répondre
    • florent
      florent dit :

      Merci François, il s’agit en effet d’une erreur de notre part. Le niveau de vol 020 équivaut bien à 2000 pieds et non 20 000 pieds comme nous l’avions écrit initialement. Petite subtilité non détaillée dans l’article, les niveaux de vol se rapportent en réalité à une altitude-pression standard, de 1013,25 hectopascals, qui peut-être différente de la pression réelle au niveau de la mer à l’endroit et au moment du vol du drone.

      Répondre

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